un_retour_mouvemente
Un retour mouvementé
Le paysage défilait rapidement sur la route les menant à Tokyo. Le silence fatigué des membres de l'institut n'était troublé que par le bruit lancinant du train filant à toute allure. Malgré sa fatigue, Isuroku releva la tête qu'il avait appuyée contre la vitre depuis plus d'une heure et observa rapidement les autre occupants du véhicule.
Domuchi somnolait, cela ne lui faisait pas de mal… Avec les blessures qu'elle avait subies, la pauvre était éreintée. Takeo et Hisano semblaient relativement nerveux. Le jeune homme fixait avec intensité cet étrange individu qu'ils avaient ramenés au péril de leur vie. Il s'attachait à sa malette d'une façon bien étrange…
"Qu'est-ce qu'il y a dans cette mallette ? Et pourquoi ces hommes en avaient après vous ? _ Je ne peux rien vous dire !"
L'homme cracha nerveusement sa réponse et ajouta un bref "Je parlerai avec votre directeur seulement !"
Intrigué, Isuroku débuta l'effort mental devenu habituel de pousser son esprit vers celui de l'autre. Il parcourut les défenses lisses de l'homme pour trouver la fissure qui ne manquait jamais de se révéler… Il était coriace, mais ne résista pas longtemps. Dès la brèche trouvée, il l'exploita et s'engouffra sans honte dans l'esprit du physicien.
"Ca augmente, ça augmente, ça augmente…"
Mais de quoi parlait-il ? Les questions furent infructueuses et tout ce que put glaner l'étudiant était la peur panique du scientifique et sa volonté d'en parler au directeur de l'institut coûte que coûte, volonté mêlée d'une méfiance certaine. Résigné, il recommença à somnoler quand soudainement, un autre paysage s'imposa à lui : il était dans une gare et des hommes en vert, dont l'homme avec la balafre, descendaient d'un hélicoptère pour venir les cueillir…
"Merde !"
L'exclamation fit se réveiller Hisano et relever la tête de Takeo qui bidouillait son ordinateur pour le réparer.
"Qu'est-ce qui se passe ?" L'agent Uzumi savait pertinemment que les exclamations soudaines d'Isoruku venaient généralement de son don (démoniaque ?) pour les prémonitions.
"Il ne faut pas que l'on descende au terminus, les hommes en vert nous attendent. Ces bâtards de cultistes nous ont devancé !"
Le jeune homme ferma les yeux et fit le vide dans son esprit. Il étendit sa conscience vers lui-même pour y trouver la potentialité de l'avenir et glana du vide des évènements possibles. Une nouvelle scène, assez similaire à la précédente, se déroula devant ses yeux. Mêmes hommes, même hélicoptère, gare différente…
"Il savent qu'on est dans ce train, peu importe la gare où l'on va s'arrêter. Soit on saute, soit on trouve un moyen de contacter l'institut."
Le physicien semblait complètement perdu par cet échange et arrêta d'écouter en chuchotant pour lui-même, tel un fou, des propos pour rationaliser ce qu'il entendait. L'avenir ? Cela semblait fou de le prédire, n'est-ce pas ?
"J'ai une idée." Rien de surprenant venant de Takeo qui commença à bidouiller son appareil pour émettre des ondes courtes et impossibles à écouter pour, à l'approche de Tokyo, contacter l'un de ses collègues du labo. L'attente fût douloureuse pour les nerfs et quand ils arrivèrent enfin non loin de la ville, Isuroku fit passer le message en essayant de le coder pour que seul un membre de l'institut comprenne. Ce fût un heureux succès et à leur arrivée en ville, ce furent des agents de l'institut qui les réceptionnèrent…