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Chapitre 5: Etrange Accueil à Clôt-sur-Nelle

Laissant /assoce/guiilde/dnd/universe/gardell/geo/bas-jumyl derrière nous, nous reprîmes la route de Goléane, où l'on m'attendait pour que je remette la tête du défunt prêtre à mon mystérieux commanditaire. Notre voyage comportait une dernière escale : il nous fallait traverser la ville de Clôt-sur-Nelle, une bourgade plutôt importante dont le seigneur gère les terres alentours.

Nous sommes parvenus à la limite des terres autour du domaine. Mais là, surprise ! Des gardes en armure étincelante, hauts comme des humains de petite taille mais arborant une capuche blanche qui leur masquait entièrement le visage, nous arrêtèrent. Les territoires au-delà de leur barricade étaient en train de se faire "purifier" et il fallait, pour passer, payer pas moins de cinquante pièces d'or de droit de passage… Une somme faramineuse ! Nous avions l'or, évidemment. Mais payâmes de mauvais gré… Sauf l'elfe, qui préféra se rendre invisible pour contourner la barrière. Elle ne se fit pas, comme nous, confisquer toutes ses armes de jet. Elle ne se fit pas, comme nous, imposer de rengainer et sceller les armes. Elle ne se fit pas non plus, comme nous, remettre un étrange bracelet orné d'une rune. Par un effort de volonté, je suis parvenu à rengainer Stalaë dans son fourreau. J'aurais juré que la lame hurlait quand je la rentrai dans l'étui ! Je nouai un lien, comme ordonné, sur l'épée, mais pris garde d'attacher un faux nœud. Histoire de pouvoir dégainer tout de même si le besoin se faisait sentir. Ganolo tenta le même subterfuge, mais un garde l'aperçut et s'occupa personnellement d'attacher la chose.

Ces "formalités" accomplies, nous pénétrâmes sur les terres, et parvinrent peu après aux abords de la ville, rejoints par Edhelchel. Des gardes, vêtus à l'identique de ceux croisés plus tôt, gardaient l'entrée. Ils nous firent passer un à un. Il n'y eu pas de soucis jusqu'à ce que passe l'elfe : une étrange stridulation retentit alors qu'elle franchissait les portes. Les gardes constatèrent immédiatement qu'elle ne portait pas de bracelet, et elle fut aussitôt jetée en prison.

Nous étions enfin entrés dans la cité. Mais les ennuis commençaient déjà…

A l'intérieur de la cité se déroulait un bien étrange manège. Où que se posât le regard, c'étaient paysans au travail et fermiers à la tache, qui non seulement s'occupaient des champs, mais en plus bâtissaient, construisaient… De partout, les bicoques en bois étaient peu à peu remplacées par de solides masures de pierre. Pas un habitant ne lambinait : les gardes, leur visage toujours dissimulé dans les ombres, surveillaient l'avancement des travaux…

On alla aux renseignements : les gardes nous dirent que la ville se reconstruisait de manière plus solide, plus correcte. On nous indiqua où dormir : il nous suffisait de nous rendre à l' "auberge des étrangers"… Là, nous fûmes servis par un aubergiste timide, qui guettait l'approbation du garde présent à chaque parole dont il nous gratifia. Nous étions d'ailleurs les seuls clients de l'établissement. On nous conseilla fortement d'assister à la messe du lendemain matin.

Avant de nous coucher, nous avons retrouvé Edhelchel qui, moyennant une lourde amende, avait réussi à quitter la prison. Elle était accompagnée d'une humaine magnifique, /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne, qui s'est jointe au groupe. Du peu qu'elle nous a raconté et de mes observations, j'ai déduit qu'elle était noble d'origine et cherchait à venger sa famille massacrée. Un objectif honorable, qui me fit d'emblée éprouver une certaine sympathie pour elle. Elle mentionna à plusieurs reprises l'arc qui lui avait été confisqué : son arme favorite, nous a-t-elle expliqué.

Le lendemain donc, direction l'église. La messe, à la gloire d'/assoce/guiilde/dnd/universe/gardell/histoire/heroneus, se passe sans incident, si ce n'est que la seconde moitié est prononcée par le seigneur des lieux. Lui aussi masqué par une capuche, bien entendu. A la fin de la cérémonie, il invite les fidèles à répéter une phrase, "à la gloire du Dieu" nous explique-t-il. Les gardes et lui prononcent alors une phrase dans une langue qui m'est totalement inconnue, mais où je crois reconnaître quelques mots dérivés de l'elfique. Edhelchel, quant à elle, a parfaitement reconnu de quoi il s'agissait, comme elle nous l'apprit à l'extérieur : cette langue est un mélange d'elfique et de commun des profondeurs, et la phrase signifie quelque chose comme "Gloire à notre déesse". Des Elfes Noirs ! Tout s'expliquait…

Nous aurions voulu fuir la cité au plus vite. Hélas, le seigneur avant de terminer la messe avait fait une annonce : le droit de passage pour sortir de la ville était désormais de cinq mille pièces d'or - cent fois plus que la somme prodigieuse exigée pour rentrer ! Je possédais cet or, mais pas mes compagnons. Et je répugnais à m'en séparer simplement pour quitter une ville. Il devait y avoir un autre moyen !

Nous n'avons pas trouvé de solution avant la nuit. En fait, c'est l'aubergiste qui, de sa propre initiative, m'a fait passer un message sous prétexte de changer nos pots de chambre. Je lus le morceau de parchemin à la lueur d'un rayon de lune qui filtrait par les volets, avant de le détruire : "Nous vous conseillons vivement de vous rendre à la 'forge des étrangers' et de commander une arbalète lourde à répétition". Surpris, mais ne tenant pas à alerter les autres pour rien, je ne soufflais mot du message. Mais le lendemain, après la messe, je me rendis à la forge, accompagné de /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne et de Ganolo. Je commandai la pièce demandée. La réaction fut immédiate : j'entendis une détonation sourde, et eus juste le temps, avant de tomber inconscient, d'apercevoir le garde qui surveillait l'armurier chuter lui aussi.

Je me réveillai dans une pièce que je devinai être la cave d'une habitation. Mes compagnons étaient là. Deux autres hommes aussi, qui gardaient des arbalètes à portée de main. Ils nous expliquèrent comment ils étaient exploités par les gardes, dont la nature était toujours inconnue pour eux, et comment ils entendaient mener une révolte au sein de la cité. Pour ce faire ils nécessitaient des tireurs plus adroits qu'eux, afin d'abattre le seigneur lorsqu'il annonçait la messe. Avant de prendre une décision, nous voulions en savoir davantage : combien était-ils à se révolter ? Et comment étaient-ils équipés ?

"Vous en faites pas les gars, ya pas d'problème, répondit le plus assuré des deux. Vexant /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne au passage, qui ne supportait pas d'être ainsi englobée avec "les gars". On est au moins une quarantaine, pis on a des fourches, et pis des couteaux…"

Quarante pecnos sur les mille deux cents âmes du village, armés de fourches, contre des Drows parfaitement équipés et surentraînés… Pas de problème. Evidemment. Nous avons bien essayé de leur faire entendre raison, mais ils se montrèrent aussi obstinés que des nains parlant affaire. Qui plus est, ils ne nous laissèrent pas le choix en fin de compte. Et nous forcèrent à adhérer à leur plan. Le paladin, dans le doute, et malgré l'interdiction formelle des gardes en blanc, fit usage de la magie pour détecter d'éventuelles intentions mauvaises chez les paysans… Du bracelet qu'il portait toujours au poignet se mit alors à retentir un bruit strident, qui heureusement ne put s'échapper de la pièce : les propriétaires des lieux l'avaient insonorisée de façon magique, et pas un bruit ne filtrait. C'était déjà ça.

Quand le vacarme cessa, nous pûmes ressortir et aller expliquer le "plan génial" à nos compagnons. Edhelchel demanda à voir la pièce insonorisée ; je crois qu'elle voulait tester l'un de ses sorts sans éveiller les soupçons des gardes. Elle revint satisfaite et jeta un enchantement sur chacun de nos bracelets, expliquant que désormais ils ne risquaient plus de nous trahir de quelque façon que ce soit : elle leur avait ôté tout pouvoir magique.

Le jour suivant, le plan fut donc mis à exécution. /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne et moi-même nous étions embusqué sur les poutres du plafond de l'église avant le début de la messe, équipés d'arbalètes lourdes à répétition, pour tenter d'abattre le seigneur des lieux. Nous n'avions aucun espoir concernant l'issue de la révolte, mais espérions à l'insu des paysans que la confusion ainsi créée nous permettrait de quitter la ville sans nous acquitter du droit de passage. Les choses se passèrent de façon un brin plus compliquée.

Lorsqu'à la fin de la messe, deux carreaux vinrent se ficher dans la poitrine du seigneur, ce fut le chaos. Des sphères d'une dizaine de pieds de diamètre et d'une noirceur d'encre apparurent un peu partout dans le bâtiment, notamment autour du seigneur, masquant leur contenu, tandis que des paysans surexcités prétendaient attaquer les gardes. Sauf qu'une gigantesque boule de feu surgit de la sphère qui était venue englober le seigneur, et éclata au beau milieu du groupe de paysans déchaînés, faisant plusieurs victime et calmant tous les autres - mettant au passage un terme à la révolte. Il nous fallait maintenant fuir. /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne et moi, confrontés aux nombreux gardes qui bloquaient la sortie du bâtiment, trouvâmes le salut en sautant par une fenêtre. Le vitrail que je brisai au passage se pulvérisa en un millier d'éclats tranchants comme des rasoirs, et bien que je me réceptionnai à terre sans mal, j'étais tailladé sur chaque centimètre carré de peau. Heureusement, le prêtre m'attendait là et posa ses mains sur ma tête, soignant le plus gros de mes blessures. Ganolo arriva alors avec les chevaux. Nous avons enfourché nos montures en un temps record avant de galoper à toute vitesse vers les portes de la ville. La herse était baissée. Que cela ne tienne : l'elfe la souleva bientôt en la faisant léviter. Mais Torenn s'écroula alors, frappé par un carreau empoisonné. /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne le chargea sur son cheval. Malheureusement les destriers d'Edhelchel et de Ganolo furent également touchés. Le paladin, réalisant alors pour la toute première fois qu'il avait affaire à des Elfes Noirs, sortit sa lame et s'apprêta à combattre. Ce n'était pas pour rien que nous lui avions tu la nature véritable de nos hôtes ! /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne et moi purent prendre la fuite, tandis qu'Edhelchel s'écroulait, soudainement paralysée : elle venait d'être la cible du sort lancé par… une femme magnifique, complètement nue, dont les cheveux blancs comme neige contrastaient d'autant plus avec sa peau noire comme l'ébène. Elle s'avançait vers nous en tenant une épée et en incantant quelque sortilège… Une prêtresse drow ! L'archère, le prêtre inconscient, sa statuette ridicule et moi-même étions sortis de l'enceinte de la ville. Le paladin, renonçant devant cette partie trop forte pour lui, tourna les talons et fit face… A une barrière de lame magiques qui s'agitaient dans le vide ! Il choisit de tenter sa chance et de passer au travers, mais récolta de sérieuses blessures. Le tout pour se retrouver planté devant quatre Drows qui pointaient sur lui leur arbalète… Et les autres gardes n'étaient pas en reste ! Alors que nous tentions de fuir, l'un d'eux projeta la lame de sa hallebarde dans les pattes de ma monture, lui brisant au moins deux jambes. Je fis un vol planné que je réussis à transformer en jolie réception, mais je me retrouvais désormais à pied. /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne, déjà chargée du prêtre inconscient, comprit qu'elle ne pouvait plus rien pour moi et s'enfuit aussi vite que son cheval en était capable au milieu de la végétation dense. Quant à moi… Je décidai de devenir invisible. Et de progresser par grands bonds dans les fougères, pour laisser le moins de traces possibles et semer mes poursuivants ! Ma technique, presque contre toute attente, a fonctionné… Mais j'ai aperçu /assoce/guiilde/dnd/campaigns/gardell/good_side/persos/roxanne arrêtée au barrage délimitant la fin des terres environnant la cité, braquée par quatre Drows. Je ne pus intervenir. S'ils avaient été deux, à la rigueur… Mais je n'étais pas un adversaire de taille contre tant d'ennemis.

Je suis donc reparti en direction de Goléane, seul rescapé de notre troupe. Je ne donne pas cher de la peau des autres. Le passage par Clôt-sur-Nelle leur aura été fatal, comme il a bien failli se révéler l'être pour moi…


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